Euro: Paris et Berlin contre l’augmentation du Fonds

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso demande un renforcement du Fonds de secours de la zone euro.

Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, s'est fait rabrouer par Paris et Berlin.

L’émission à succès du Portugal à peine terminée, l’Europe se déchire à nouveau sur le sauvetage de la zone euro, ce qui risque de peser sur les marchés dans les prochaines heures, alors que l’Espagne et l’Italie retournent sur les marchés obligataires, demain, jeudi.

Nourries par une tribune du Commissaire européen aux Affaires Économique et financières, Olli Rehn, qui fait la «une» du Financial Times, aujourd’hui, les informations sur une possible augmentation du Fonds européen de stabilité financière (FESF), ont excité la bonne humeur des traders, à l’heure où le Portugal lançait son émission test sur les marchés.

Activé pour l’Irlande, le FESF est aujourd’hui doté d’une capacité de prêt de 440 milliards d’euros, un montant jugé suffisant pour secourir le Portugal, mais très en deçà des besoins si l’Espagne, et surtout l’Italie devaient être secourues. Le FMI avait préconisé fin 2010 un doublement du Fonds pour rassurer les marchés.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a, pour la première fois, aujourd’hui, appelé à un renforcement de la capacité de prêt du Fonds, en demandant aux États membres de prendre une décision d’ici le 4 février, date du prochain Conseil européen.

«La Commission dit clairement que nous considérons que sa capacité effective de prêt doit être renforcée et que le champ d’action de ses activités doit être élargi» a déclaré José Manuel Barroso lors d’une conférence de presse à Bruxelles. «Il est tout à fait possible de prendre ces décisions pas plus tard que lors du prochain Conseil européen en février», a-t-il ajouté.

De source européenne, Barroso aurait décidé d’affirmer sa position après s’être entretenu avec le directeur du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, et le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet. Les deux hommes sont en faveur d’une hausse du Fonds.

Élargissement «pas nécessaire»

L’Allemagne a vertement réagi à ce coup de force de l’exécutif européen, prise «sans concertation avec les capitales» d’après des diplomates européens. «Il n’est pas sensé ni nécessaire de discuter d’un élargissement» de ce Fonds, a déclaré Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel.

Alignée sur l’Allemagne, la France a fait une déclaration offusquée. «La France estime que les capacités actuelles du Fonds sont suffisamment importantes pour répondre aux demandes» éventuelles des pays en difficulté, a indiqué le porte-parole du gouvernement François Baroin. «La position du commissaire européen est une contribution au débat. Ce n’est pas à l’ordre du jour des prochains conseil des ministres européens», a-t-il ajouté.

Le commissaire Olli Rehn assure que l’augmentation du Fonds a été évoquée à Bruxelles, à l’occasion des réunions préparatoires du prochain Ecofin du 17 et 18 janvier.

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